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« Le nouveau système national de vulgarisation agricole et de conseil agricole ne répond pas aux besoins des paysans » dixit Bassiaka Dao, président de la Confédération Paysanne du Faso
A l’instar de nombreux pays africains, le gel des recrutements du personnel d'encadrement et le manque de financement des services techniques liés au Programme d'Ajustement Structurel (PAS) dans les années 90, ont démantelé et affaiblit le système de vulgarisation et d'appui-conseil burkinabé.
Cependant, l’Etat, conscient de l’importance d’assurer l’encadrement des producteurs pour relever le défi de la sécurité alimentaire s’évertue à sa reconstruction depuis quelques années. Une volonté traduite dans le lancement d’un processus d’élaboration d’un Système National de vulgarisation agricole et de conseil agricole (SNVACA).
Si cela a été non seulement souhaité par les producteurs mais aussi commandé par les changements institutionnels, le document du Système National de Vulgarisation et de Conseil agricole adopté en avril 2011, ne fait pas l’unanimité au sein du paysannat burkinabé.
Pourtant, ce document de politique est sensé apporté une solution au manque de système efficient de transfert et d'adoption de technologies qui entrave le décollage de l’agriculture burkinabé.
Parmi ceux qui décrient, ce document de cadrage, la Confédération Paysanne du Faso (CPF). Plateforme nationale de défense des agriculteurs, la CPF lutte depuis sa création à la prise en compte des besoins réels des paysans dans les politiques agricoles.
Aux dires de Bassiaka Dao, président de la dite confédération, ce document n’apporte pas d’innovation et ne reflète pas la nouvelle réalité du monde agricole burkinabé. Pour ce dernier, ce document est une reconduite du système de vulgarisation et de conseil promu dans les années 60.
Pire, ce défenseur de la cause des fermiers s’indigne que le dispositif proposé ne prenne pas en compte la dynamique existante au niveau des organisations paysannes et des organisations non gouvernementales. Alors que, note –t-il ce sont ces organisations, qui suite aux désengagements de l’Etat dans les années 90, ont su assurer la relève en terme d’appui conseil aux producteurs.
Le président de la CPF, déplore également que les documents de politique ne se posent pas la question de savoir «qu’est ce que le paysan veut, quelles sont ces aspirations, où veulent ils s’orienter ? «Le plus souvent on continue de penser à la place des autres en disant voila le bon système pour eux » s’écœure t-il.
Puis de renchérir, «dans le secteur rural, les gens savent ce qu’ils veulent. Notre objectif c’est de quitter la pauvreté. Mais pour sortir du cercle de la pauvreté nous n’avons pas besoin d’un encadrement fondamental, mais d’un encadrement sur demande adapté à nos besoins».
Et d’ajouter, « on investit beaucoup de ressources dans le secteur rural, est ce qu’on se pose la question de savoir pourquoi la pauvreté continue de s’accroitre. C’est parce que les orientations définies dans les grands bureaux ne correspondent pas aux aspirations des acteurs à la base ».
Bassiaka Dao, reconnait cependant que son organisation a été impliquée dans le processus d’élaboration. Malheureusement, constate t-il, nos propositions n’ont pas été prises en compte dans le document final.
En effet, avec l’appui de ses partenaires, la CPF a mis en œuvre un programme pour préparer sa participation au processus d’élaboration du document de la SNVACA. Plusieurs rencontres ont été organisées à la base pour remonter les préoccupations au niveau national. En dépit de cette contribution, le président de la CPF est triste face à non prise en compte de leur proposition.
Loin d’abandonner le combat, cette plate-forme des organisations paysannes dit continuer le plaidoyer et le lobbying pour interpeller sur la nécessité de prendre en compte les aspirations réelles des petits producteurs dans les politiques agricoles.






